
À propos du mode de classement à la librairie, qui tente, en procédant par associations d'idées, de produire de l'errance dans le lieu et des rencontres inopinées entre les textes eux-mêmes ainsi qu'avec le public, de défaire les contingences habituelles, les automatismes du rangement, voici une phrase de Georges PEREC, extraite de Penser/Classer qui illustre parfaitement les sentiments ressentis lors de la conception de la librairie, et alimente toujours ce que l'on essaie humblement de faire depuis sept ans :
-
"[...]Comme si l'interrogation déclenchée par ce "PENSER-CLASSER ?" avait mis en question le pensable et le classable d'une façon que ma "pensée" ne pouvait réfléchir qu'en s'émiettant, se dispersant, qu'en revenant sans cesse à la fragmentation qu'elle prétendait vouloir mettre en ordre.
Ce qui affleurait était tout entier du côté du flou, du flottement, du fugace, de l'inachevé, et j'ai finalement choisi de conserver délibérément à ces bribes informes leur caractère hésitant et perplexe, renonçant à feindre de les organiser en quelque chose qui aurait, de plein droit, l'apparence (et la séduction) d'un article, avec un début, un milieu, et une fin."