"CABANES" - Aurélien DÉBAT

 

Avec un dessin qui investit une pratique de l'épure et développe un vocabulaire minimal mais inépuisable pour (re)construire le monde, approche qui ne serait pas sans rappeler les travaux graphiques de Nigel Peake ou Jochen Gerner, Aurélien DÉBAT livre avec ce magnifique Cabanes  un ouvrage aussi ludique qu'ingénieux.

 

Reprenant de loin la base du compte des Trois Petits Cochons  (ici ils sont désormais 15 petits cochons aux goûts architecturaux hétérogènes et prononcés) pour s'intéresser essentiellement à la forme que pourraient prendre leurs cabanes, le dessinateur joue avec un nombre restreint de modules graphiques imposés pour faire émerger des visions architecturales inépuisables. Comme un Lego qui serait inlassablement désassemblé puis ré-assemblé autrement, les cabanes de Aurélien DÉBAT mettent en scène une architecture élémentaire (au premier sens du terme : on fait avec les éléments disponibles) et illimitée dans ses formes.

 

Ici modulable est maître mot, tout est transformable et prend la forme des envies de son usager. Liberté des formes, légèreté des structures, valorisation des matériaux utilisés car tous comptent et participent de la construction. Finalement, on n'est pas très loin des principes de l'architecture mobile théorisée par Yona Friedman [1923-2020], mis à hauteur du regard de l'enfant.

 

Entre le développement d'un imaginaire intense sur une base de dessin proche de l'abstraction qui joue avec ses assemblages de trames, ses lignes et ses couleurs pour toucher la figuration ; et une réflexion architecturale adaptée au monde et aux individus qui le composent, Cabanes  se fait immense aire de jeux, belle à regarder et géniale à arpenter.

 

 

 

Aurélien DÉBAT, Cabanes,  2017, Les Grandes Personnes